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Article paru dans Tu es Petrus n°131
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Deux camions s’avancent péniblement dans l’allée centrale du château de Launay, en plein cœur de la région Sarthoise, suivis de quelques véhicules emplis d’une jeunesse trépidante, plus prompte à rendre service qu’à vociférer dans les rues.
A première vue et en observant leurs regards scrutateurs et suspicieux, on aurait pu s’y méprendre.
S’agissait-il d’une nouvelle tentative de rave-partie sauvage ?
La quiétude paisible des aimables propriétaires locaux allait-elle se trouver en sérieuse difficulté ?
Les soutanes noires s’évacuant promptement des véhicules dissiperont vite les premières craintes.
Car sans conteste, le sourire et la joie de vivre seront au rendez vous pour cette quatrième édition du camp Notre Dame de Grace.
Mais organiser un camp pour quatre vingt quatre garçons de 8 à 13 ans, dans la nature et pendant deux semaines, peut sembler relever de la folie psychiatrique au regard des contraintes juridiques et règlementaires qui sont imposées.
« Comment allez-vous les faire manger ? Et où dormiront-ils ? » questionnent les inquiets.
« Et puis n’est ce pas trop risqué de mélanger soutanes et jeunes dans la promiscuité d’un camp en pleine nature ? » pourront susurrer d’un air entendu quelques esprits chagrins.
« Surtout à notre époque, l’Eglise est tellement attaquée en ce moment ! », glisseront les autres.
« Vous allez vous faire recaler à la première inspection venue ! Mettez des rangers à vos gamins, et c’est le Canard Enchainé qui va nous pondre un amour de petit article sur les rapports entre extrême-droite et intégrisme religieux ! », ajouteront les peureux.
Risque, inconscience, manque de prudence. Tels sont les mots qui peuvent résonner à l’intérieur de nos tempes lorsque l’on couche sur papier les contraintes d’une telle aventure.
Et pourtant le camp ne désemplit pas.
Bien au contraire, il grandit chaque année et se fortifie au fil des étés avec nombre d’anciens garçons qui souhaitent revenir l’édition suivante.
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Fondé fin 2006 par l’abbé Jehan-Aldric Rondot, le Camp Notre Dame de Grâce n’avait pas, à ses débuts, la prétention de « faire nombre ».
Etant ancien séminariste puis directeur de ce camp, je peux témoigner du fait qu’il est parfois préférable d’organiser des jeux ou chanter à des veillées le soir avec de petits effectifs, tant l’apport pédagogique et fraternel que l’on peut apporter à de jeunes âmes est plus efficace et chaleureux avec un nombre restreint.
Voilà pourquoi l’abbé Rondot, séminariste à l’époque, va insister beaucoup sur une présence quasi-continue des encadrants avec les enfants. Au risque d’être répétitif, il martelait cela tous les soirs, au cours de la réunion de débriefing pendant le camp.
C’est, à mon sens, cela qui donne la clé pour comprendre notre camp : être présent au milieu des enfants qu’il vente ou qu’il pleuve.
A cet âge là, l’enfant a un besoin criant d’un grand frère, vers lequel il tourne son regard et son âme, pour qu’il lui montre la voie.
Il ne s’agit pas ici de reformater une horde d’enfants pour la reconquista spirituelle de l’Europe, non.
Il s’agit plutôt, par la voie royale du jeu et de la prière, d’apprendre à un jeune de 8 ans ou de 13 ans, que la confiance est chose aisée lorsqu’on la donne à quelqu’un qui nous veut du bien.
Le camp accueille tous les étés une quinzaine d’étudiants venus de toute la France, plus spécialement de Nantes. Ils vont encadrer, aider, faire la cuisine, organiser des jeux, chanter le soir avec eux à la veillée et tant d’autres activités précieuses au bon déroulement de cette aventure.
Prenant sur leur temps de vacances, ils ne réclament rien, si ce n’est un « merci » à la fin du camp et le sourire juvénile de ceux qui sont devenus leurs petits frères d’affection au bout de deux semaines.
Ils viennent pour faire du bien à ces quatre vingt quatre garçons. Comment ne pas leur accorder confiance ?
Les garçons ne s’y trompent pas.
Ils leur accordent volontiers.
Pour les faire jouer, les calmer dans les moments difficiles, résoudre les conflits, les encourager dans les défis proposés, et surtout les faire prier.
Car le camp Notre Dame de Grace prie. C’est aussi là sa véritable nature.
Il a été confié dès le début à la protection maternelle de la vierge. Son portrait veille dans chaque oratoire de sous-camp et les garçons viennent déposer leurs craintes et leurs espoirs chaque soir, après la veillée, devant ce beau visage.
C’est peut-être le plus émouvant tableau que je pourrais vous brosser sur notre camp.
J’ai vu des garçons, en quelques instants, passer de la colère à la plus douce quiétude, pour avoir prononcé quelques « ave maria » devant Notre Dame, le soir avant de se coucher.
« Certes », me direz-vous, « mais n’est-ce pas un peu facile, monsieur l’abbé, de crier au miracle ? Un enfant est si volatile, si changeant dans ses humeurs…, La sainte Vierge n’y est pour rien ! ».
C’est pourtant ici que l’on touche du doigt un élément important de notre camp, celui de la confiance totale en la Providence et en son alliée féminine.
Et l’histoire, courte mais intense, des quatre années de Notre Dame de Grace, pourra nous aider à comprendre l’abandon dont il a fait preuve et de la récompense divine.
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En Octobre 2006, les supérieurs du séminaire convainquent l’abbé Rondot, séminariste en quatrième année à Wigratzbad, de fonder sa propre structure pour le même public qui peuplait le fameux camp Saint Michel.
Celui-ci commence immédiatement par recruter une équipe de séminaristes, dont je faisais partie.
Commence alors le patient travail administratif pour doter le camp d’une structure juridique viable avec quelques principes qui gouverneraient notre action.
Le Centre Notre Dame de Grace naît alors, avec l’impulsion conjointe de l’excellent abbé Arnaud Evrat, qui accepte l’aumônerie du prochain camp … et le poste de directeur informatique de notre jeune structure.
Très vite, son talent et sa compétence permettront au camp et au centre de disposer d’un site internet.
Mais le gros de l’affaire n’était pas encore monté.
Dans l’esprit de l’abbé Rondot, un camp qui s’inspire du camp Saint Michel doit disposer d’un sérieux bagage matériel et technique.
Il fallait pour cela fixer le nombre d’enfants que nous pourrions accueillir pour savoir combien de tentes acheter, combien d’assistants recruter pour nous aider à la cuisine ou dans l’encadrement, quel budget établir, sans compter le nombre de BAFA dont nous devions disposer en fonction des critères de la Jeunesse et des Sports, etc.
Et tout cela en l’espace d’un an, en empruntant les subsides nécessaires pour se lancer correctement dans la course, en pariant à l’avance que trente cinq garçons viendraient spontanément s’inscrire à notre jeune camp.
Tous ceux qui prennent des risques le savent.
Le plus difficile est de lancer la machine. Le succès appelant le succès, il faut ensuite bien gérer les mouvements.
En clair, le camp subira une période critique de flottement au début de l’année 2007.
« Tout a été fait pour que cela marche », me disait l’abbé Rondot à l’époque, « maintenant, cela ne nous appartient plus, c’est ici que la Sainte Vierge doit nous montrer si son patronage est efficace ».
Car faire de la publicité pour un camp de garçons n’est pas chose aisée dans un séminaire à l’étranger, surtout par des séminaristes qui doivent consacrer le plus clair de leur temps à prier et étudier.
Mais nous disposions heureusement du soutien des brochures de la fraternité en France pour faire connaître notre camp aux familles.
D’autre part, il est établi que la demande dans la tranche d’âge 8-13 ans est forte, notamment en province ou les familles ne disposent pas forcément de grand chose pour occuper leurs garçons pendant l’été. Tout le monde n’habite pas Versailles ou Toulon !
Quoiqu’il en soit, malgré une motivation sans failles de l’équipe initiale du camp et un encouragement des supérieurs, nous attendions avec appréhension les premiers inscrits.
Ceux-ci arrivèrent, mais au compte-goutte !
Il faudra attendre seulement la fin du mois de juin pour que les structures de notre camp se remplissent selon l’effectif voulu. Nous pouvions pousser un soupir de soulagement … et remercier comme il se doit Marie qui ne nous avait pas oubliés.
Faut-il le préciser encore ? Nous étions dans sa main, fortement persuadés qu’elle avait eu son rôle, le plus important, dans le lancement de notre camp. Elle ne nous lâchera plus ensuite.
Le premier camp :
La première édition du camp Notre Dame de Grace se déroula en Bretagne, dans le Finistère, chez Monsieur et Madame Servin. Nos hôtes étaient de grands amis de l’abbé Coiffet, qui assurait discrètement le parrainage spirituel et la présidence de notre Centre.
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La Bretagne est un pays merveilleux, riche d’une foi solide et historiquement ancrée dans les mœurs locales, ce qui était parfait pour accueillir les enfants au mois de Juillet.
Le temps ne sera pas malheureusement pas de la partie pour nous aider à les rendre heureux.
Pluie rageante et boue ukrainienne seront nos compagnons d’infortune au cours des différents jeux que nous leur proposerons.
Il faudra la gaieté naturelle de l’abbé Evrat, l’entrain sans frein des chefs de sous-camps rouge et bleu, respectivement les abbés Grégoire et Jean, ou encore la gén érosité des propriétaires à ouvrir leur château aux enfants les soirs de pluie pour convaincre l’abbé Rondot de ne pas baisser les bras.
Du reste, les enfants ne s’y sont pas trompés, ils garderont le sourire tout au long des deux semaines du camp.
Lorsque le bilan sera tiré à la rentrée du séminaire en Octobre suivant, l’évidence sautera aux yeux de l’abbé Rondot. Il faut continuer cette œuvre et la faire grandir.
Pour cela, il importera avant tout de concevoir de nouveaux réfectoires plus grands et plus accueillants, d’acheter de nouvelles tentes, et de recruter plus d’assistants.
Arrivera alors dans l’équipe du camp quelqu’un qui jouera un rôle central dans les années qui suivront, Matthieu.
Proche de la trentaine dès sa rentrée au séminaire et doté d’un solide sens pratique, le futur abbé Matthieu sera d’une aide précieuse pour assurer matériellement le confort des enfants.
Car l’un des objectifs du camp n’est pas de faire du camping au rabais mais bien d’offrir le maximum d’éléments matériels pour qu’ils se sentent à l’aise dans les principales actions de la vie quotidienne : manger, se laver et dormir. Et ce n’est pas l’auteur de ces lignes qui contredira ce programme !
Du cerveau fertile de l’abbé Grégoire sortiront de beaux réfectoires montés sur pilotis démontables et transportables. De nouvelles structures de douches en plein air seront conçues de telle sorte que les garçons puissent profiter de l’eau acheminée par 700m de tuyau.
Bénéfiques seront les conséquences puisqu’un tuyau à l’air libre chauffe l’eau qui s’y promène à l’intérieur !
Le camp 2008 se paiera donc le luxe d’offrir des douches chaudes aux garçons.
Mais encore faut-il que le temps nous fasse profiter de sa clémence et non de ses caprices comme en Bretagne ce qui est, le dit-on, souvent de coutume…
Le camp Allier :
Celui-ci se déroulera chez une famille voisine de celle de l’abbé Pierre de Montlaur, séminariste et ami de notre camp, en plein cœur d’une région un peu oubliée mais riche de belles demeures : le Bourbonnais.
La famille de l’Etoile nous ouvrira les portes d’une prairie d’un hectare, entièrement close de mur et entourée de quelques bois pour accueillir nos deux sous camps grossis d’une dizaine de garçons par rapport au camp précédent.
Nous accueillîmes une cinquantaine de garçons, venant du train de Moulins ou accompagnés par leurs parents, en cette belle après-midi du 10 juillet 2008.
Au contraire du camp précédent, le soleil luira de tous ses feux pour mieux nous réconcilier avec la météo juilletiste. Les jeux succédant aux veillées et aux surprises, l’abbé Rondot n’échappera pas à son lot de problèmes épineux à débroussailler.
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Ainsi, le camp profitera d’un cheval gracieusement mis à disposition par un haras voisin pour épicer le déroulement du grand jeu.
Mais celui-ci aura la mauvaise idée de se ruiner une patte en la frottant sur une corde, ce qui l’empêchera de courir pour la course prochaine à laquelle il était destiné et provoquera une crise diplomatique avec sa propriétaire …
Mais à force de négociations et grâce à l’entregent de la famille de Montlaur, le camp n’aura pas à supporter un procès en bonne et due forme.
Je me souviendrai encore de ce long échange que nous avions eu entre valeureux séminaristes anciens de notre camp, autour d’un feu, un dimanche au séminaire.
Fallait-il faire grossir notre jeune structure et de quelle manière ?
Jusqu’à présent, le camp, pour les garçons, était une vaste bataille entre deux sous camps, les bleus et les rouges.
Tout cela était bien entendu entretenu avec soin par les chefs qui veillaient à ce que les débordements, que l’on peut légitimement craindre dans un conflit entre garçons, ne se transforment pas en guérilla hooliganesque ou en blocages de raffineries …
Il faut voir avec quelle hargne les garçons défendent leurs couleurs lors des épiques tournois de football ou de balle au prisonnier ou encore lors des attaques de fortin à la fin des grands jeux.
Cette mésentente cordiale est le moteur de nos jeux.
Elle donne également l’énergie nécessaire pour mobiliser une jeune âme à courir jusqu’à l’arrêt du cœur pour la conquête d’un trophée.
N’apprend-il pas, par ce moyen et dès son plus jeune âge, à se battre pour une cause ?
Peut être se souviendra-t-il plus tard de l’énergie que l’on peut déployer pour un combat et s’en servira-t-il pour obtenir la palme dans des luttes plus sérieuses et plus profitables.
Quoiqu’il en soit il fallait se décider.
Pouvait-on ouvrir un troisième sous camp et accueillir jusqu’à quatre-vingt garçons pour l’été suivant, compte tenu de la jeunesse de notre structure et plus encore de la difficulté à faire jouer efficacement trois groupes l’un contre les autres sans alliance ni déséquilibre ?
Car organiser un grand jeu d’une journée et demi avec un tel nombre de garçons, sans trop de heurts, avec une histoire qui tient la route et dans laquelle, jusqu’au bout, chaque camp dispose d’une chance pour faire renverser la situation à son avantage, relève d’un art consommé de l’imagination.
Or le jeu est le moyen essentiel du camp pour connaître les garçons, leur laisser des souvenirs inoubliables, leur apprendre à respecter une règle, à travailler en équipe, à se dépasser, bref à comprendre pourquoi ils passent des vacances avec nous.
Aimer jouer, c’est le propre des enfants.
Aimer les faire jouer, n’est-ce pas celui de l’éducateur ?
L’abbé Rondot tranchera, fort de son ancienne expérience au camp Saint Michel.
Le camp Notre Dame de Grâce ouvrira le sous camp des verts en 2009 sous la direction de l’abbé Matthieu.
L’abbé Jean gardera celui des bleus, victorieux en 2008 et l’abbé Hubert prendra celui des rouges, à la place de l’abbé Grégoire qui avait mené ses gars à la victoire en 2007.
Au cours de l’année, l’abbé Jean lancera un bulletin trimestriel, envoyé gratuitement à tous les anciens du camp, dans lequel le talent de séminaristes sera exploité pour raconter le camp passé ou préparer le suivant.
Ce bulletin, appelé « Cœurs Vaillants », s’enrichira de numéro en numéro, pour la plus grande catastrophe de la photocopieuse du séminaire dont les batteries fondent à chaque nouvelle édition.
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Avant le camp, l’abbé Evrat concevra et réalisera un autel en bois portatif, avec crédence, marchepied, antépandium et baldaquin s’il vous plait, trahissant ainsi la « schweiz touch » de notre camp, devenu international depuis qu’il accueille des citoyens de ce pays.
Mais s’il n’y avait que des Suisses…
Le camp accueille également des ressortissants d’Egypte, d’Arabie Saoudite, des USA, d’Espagne, de Londres, qui viennent chaque année, se passant le mot entre expatriés français.
Nous avons même eu l’abbé Coeurderoy, natif d’Eu, en Normandie !
L’abbé Rondot ayant acheté une immense tente pour accueillir les garçons lors des messes du camp, puis un nouveau réfectoire et amélioré la conception des douches, le camp pouvait à nouveau ouvrir ses portes avec quatre vingt quatre garçons, soit une cinquantaine de plus que la dernière fois.
Le camp 2009 :
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Ce seront sur les magnifiques plaines du château de la famille de Puységur, à côté de Dissé sous le Lude, au sud de la Sarthe, que les enfants feront exploser leurs clameurs au milieu des courses de chars et autres activités sympathiques.
Une mention spéciale sera accordée à la tente chapelle admirablement bien conçue pour accueillir cette bruyante marmaille lors des temps de prière ou de messe.
Les garçons auront aussi à cœur d’appeler leurs chars « morflette », en hommage au nom que porte la guimbarde de l’abbé Jean. Morflette était rentrée dans leurs jeunes cœurs comme une mascotte fidèle et généreuse !
Le camp visitera, pour sa journée surprise, le château de Giseux, refait entièrement pour accueillir des groupes d’enfants. Les propriétaires ne se contentent pas de faire marteler leurs sols par leurs jeunes visiteurs, ils leurs apprennent à dessiner un blason ou fabriquer leur pain.
En 2008, les enfants s’étaient rendus, pour la journée surprise, dans un parc d’attraction-zoo unique en son genre et connu dans tout l’Allier, le Pal.
En 2007, ils avaient visité une prison, sur une île, au large des côtes bretonnes, le château du Taureau.
Le camp confirmera les intuitions de l’abbé Rondot car le ménage à trois sous-camps se fera dans une bonne ambiance et une rivalité sereine.
Et Les bleus remporteront encore une fois la victoire.
Décidant de lâcher la main à l’issue de cette troisième édition, l’abbé Rondot, en accord avec la hiérarchie du séminaire et l’abbé Coiffet, président du Centre, confiera les reines du camp à l’auteur de ces lignes afin de mener à bien la consolidation de notre structure et d’améliorer toujours plus son organisation.
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L’abbé Matthieu sera propulsé à la direction technique, poste ingrat mais dans lequel il déploiera toutes ses capacités.
Le camp se verra renouvelé de fond en comble en ce qui concerne son organisation technique, notamment lors de la fameuse semaine qui précède l’arrivée des garçons en Juillet ou les séminaristes et quelques assistants montent les réfectoires, douches, cuisine, mât, tente chapelle etc.
L’abbé Matthieu est un pivot indispensable à notre camp et je profite de ces quelques lignes pour le remercier de tout le travail qu’il abat pour les garçons.
Le camp accueillera aussi, au cours de l’année 2010 de nouvelles têtes pour mieux le renforcer.
L’abbé Thibaut, ancien des colonies Saint Bernard, succèdera à l’abbé Jean à la tête des Bleus tandis que l’abbé Côme prendra la succession de l’abbé Matthieu chez les Verts.
Une solide équipe d’assistants sera recruté tout au long de l’année pour concevoir une nouvelle cuisine, la faire pendant le camp, encadrer les garçons dans les sous-camps, aider l’abbé Matthieu dans sa lourde tâche de maintenance pendant ces deux semaines ou les douches et les réfectoires sont mis à l’épreuve par la rude utilisation des quatre vingt quatre garçons.
Un de ces assistants, Henri, par ailleurs futur candidat au sacerdoce à Wigraztbad, acceptera la tâche difficile de mener le sous-camp des Rouges, avec l’aide de l’explosif et attachant chef Irénée, figure emblématique de notre camp.
L’abbé Jean créera également un pôle animation dans lequel les richesses imaginatives d’Albéric et Louis, amis de longue date, pourront s’ébrouer que ce soit derrière la caméra, au cours du grand jeu, du jeu de l’oie géant, ou encore avec la trousse pharmacie !
Un autre camp dans la Sarthe :
Tout ce travail sera réalisé dans une excellente ambiance, avec des garçons demandeurs et curieux de la nouvelle surprise préparée par les chefs.
Et ils ne seront pas déçus.
Un train touristique les emmènera dans une gare fantôme peuplée par de loufoques et ténébreux chefs de gare ou les garçons découvriront toutes les ficelles de l’art ferroviaire.
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Pour la journée surprise, les garçons pourront, en plein cœur de la Sarthe, s’essayer au mini golf, au catamaran ou à l’optimiste ou encore au pédalo sur une base de loisirs encore mal remise de cette invasion impromptue de soutanes.
A la fin du camp, toute l’équipe sera remerciée par les propriétaires, monsieur et madame de Vauplane, pour avoir respecté le fragile écosystème du lieu ou nous étions. Ce n’était pas une mince affaire mais nous avons mis les bouchées doubles.
Il faudra l’intervention personnelle de madame de Vauplane pour que l’abbé Matthieu calme sa frénésie de nettoyage des lieux !
Une page se tourne maintenant pour le camp.
L’abbé Pierre-Emmanuel, tout fraichement ensoutané à l’heure de la parution de cet article, prend les rênes du camp à la suite de l’abbé Jean parti pour un an d’apostolat à Dax.
Il avait largement fait la preuve de son efficacité au cours de la journée surprise du camp dernier qu’il avait supervisée de main de maître, étant lui même ancien moniteur de voile dans la base de loisirs qui nous accueillait.
Le camp repart pour de nouvelles aventures avec une équipe solide, organisée et motivée, avec dans ses rangs de séminaristes d’anciens assistants comme Henri mais aussi Louis qui a également rejoint Wigratzbad cette année.
S’il fallait toutefois donner un mot de la fin, à l’issue de ce court panorama que j’ai tenté de vous ébaucher, il serait confié aux garçons.
Je ne me risquerai donc pas à conclure à leur place, car ce camp aura été conçu pour eux et ne vit que par eux. Leurs sourires témoigneront donc pour moi (consultez toutes les photos des camps derniers ainsi que des vidéos, les bulletins « Cœurs Vaillants » … et le dossier d’inscription à partir du mois de janvier).
C’est la grande appréhension de l’éducateur que de pouvoir sonder le sentiment véritable de celui qu’il essaye de guider. Nous mêmes parfois, séminaristes ou assistants, avouons notre impuissance à cerner un garçon, en seulement deux semaines de camp, surtout dans un contexte aussi particulier que celui de la vie en pleine nature.
Nous sommes d’ailleurs en constante « autocritique ».
Outre le débriefing à chaud du soir, nous essayons de tirer un bilan personnel et fourni, à la rentrée du séminaire en Octobre, de ce qui s’est passé trois mois avant afin de prévenir les erreurs que nous aurions pu commettre.
A travers ce camp, beaucoup de choses se passent, notamment l’action de la grâce dans les cœurs.
Beaucoup de parents nous confient les effets bénéfiques du camp sur leurs progénitures, quand ce ne sont pas des lettres exaltées de remerciements enthousiastes !
Quelques-uns nous avouent l’échec de l’expérience de la vie en communauté pour leurs enfants.
Face à ces événements, nous essayons toujours d’en tirer le suc intérieur qui formera plus tard le cœur du futur prêtre ou père de famille.
Vous le comprenez donc, notre camp n’est pas simplement une simple garderie pour garçons dont les parents ne savent que faire.
C’est un complément, parfois salutaire, sinon très apprécié des parents dans l’éducation de leurs enfants.
La Sainte Vierge est chez elle au milieu de cette troupe bruyante et discordante.
Elle nous montre sa présence lorsque le sourire succède à la colère sur le visage d’un garçon contrarié, lorsque les chants du soir s’élèvent à l’issue d’une journée fatigante, lorsque les garçons repartent dans leurs tentes la tête pleine d’étoiles et surtout lorsque s’égrène le chapelet des sous-camps, au milieu des chênes et des écureuils, quelques instants avant de se coucher.
Pères et mères de famille, si d’aventure vous lisez ces lignes, sachez que le camp ouvre ses portes avec joie en Juillet pour vos garçons.
Et quand vous le(s) reverrez, à l’issue de ces deux magnifiques semaines, éteignez la musique dans la voiture, surtout ne parlez pas trop … car ils se chargeront eux mêmes, le cœur encore trop plein de souvenirs, de soutenir la conversation.
Et Notre Dame sera dans leurs yeux.
Abbé Jean, ancien directeur du camp 2010